1 an d’auto-entreprise

photographe mariage france

 

Un an d’entreprise en tant que photographe à Paris. Voilà ce que je m’apprête à fêter.
En un an j’ai appris tant de choses que je ne pensais pas cela possible. J’ai vécu tellement d’expériences et rencontré tellement de monde qu’il est grand temps que je pose le tout ici afin d’avoir une vue claire. Me rendre compte d’à quel point je suis montée en compétences va aussi pouvoir m’aider à mettre en place des chemins clairs pour ma deuxième année.

Leçons, apprentissages, expérience

Photographe portrait artistique

Extrait de la séance ‘Origins’ avec sarah – Août 2021 – Toulon – Voir les portraits ‘Origins’ ici –

Extrait de la séance Famille et grossesse de Laetitia – Août 2021 – Eyguières – Voir les séances famille ici –

L’inquiétude financière


Commençons par enfoncer des portes ouvertes. En France, nous avons la chance d’avoir des allocations chômage qui nous sont dispensées malgré l’ouverture d’un nouveau business. Si je suis encore en sécurité financière pendant un moment grâce à cela, cet aspect lié au revenu a tout de même été complexe à gérer pour moi de 2 façons :
tout d’abord, la personne anxieuse que je suis ne peut s’empêcher de penser au jour où les allocations s’arrêteront et à ce que je devrai faire alors, au lieu de me concentrer sur ce que je dois faire, maintenant, pour ne pas que cela arrive… Je détaillerai plus loin ce que je mettrai en place dans mon esprit pour faire taire ce fantôme d’angoisse.

 

La deuxième façon que cela a de m’impacté est celle-ci : depuis mon changement de vie (sur lequel je devais déjà faire un article qui est passé de to do list en to do list depuis des mois…tss tss tss), mon train de vie a diminué, j’ai dû renoncer à certaines choses… Mais en réalité, je suis plutôt contente de la façon dont je le gère.
J’ai eu la chance d’opérer une transition vers un mode de vie plus simple il y a 3 ans, lorsque je suis devenue “écolo”, et elle a été un prélude bien nécessaire à ce que je vis aujourd’hui. Je reviendrai sur cette question dans l’article prévu si un jour j’arrive à l’écrire…

Photographe portrait artistique

Extraits de la séance ‘Parisian witches’ – Sharley et Dai – Septembre 2021 – Paris – Voir les portraits artistiques ici –

Photographe portrait artistique
Savoir être son propre patron
 

Travailler

 

Je suis une personne qui a des variations d’énergie assez extrêmes. Je peux avoir un pic d’énergie créative à l’heure de me coucher, ou lorsque je suis en route pour un rendez-vous médical et que je ne peux pas travailler. De même, je peux avoir un niveau très bas d’énergie alors que j’ai des visuels à rendre impérativement le lendemain. Être mon propre boss s’adapte bien mieux à ces variations qu’un travail salarié 9h-13h/14h-17h… mais la difficulté réside dans le fait que je suis seule et unique responsable de ma capacité à surfer sur ces variations. Il n’est pas facile de trouver le juste équilibre entre “je n’ai pas assez d’énergie pour être productive” et “j’en ai juste assez pour parvenir à me mettre un coup de pied à l’arrière-train et m’y mettre”.
Cependant c’est une école très intéressante que d’apprendre à utiliser les cycles et les vagues naturelles de sa propre personnalité. Disons que je suis encore en apprentissage…

 

Savoir parler argent

 

Grand tabou pour moi de par mon éducation et de par ma mauvaise gestion naturelle de l’argent, je me retrouve à devoir me gérer, parler argent, parfois le réclamer, suivre mes dépenses, déclarer mon chiffre d’affaires… et cela est un progrès immense que je ne pensais pas arriver à atteindre.

 

L’administration

 

Il en est de même pour ce point. Moi qui ai la phobie administrative, j’ai réussi à installer du calme en moi pour faire toutes les démarches nécessaires à mon entreprise… Il le fallait bien pour renverser cette phobie #grandefierté

 

Assumer son produit et ses tarifs

 

Tout est dit ici, j’ai appris à assumer ce que je propose. Je n’ai d’autre choix que de proposer quelque chose et accepter que cela puisse échouer sans perdre confiance. Je peux honnêtement dire que cela m’est arrivé, j’ai osé proposer des choses différentes qui n’ont pas vraiment pris. Et suite à une légère perte de confiance, j’ai décidé que cela ne définissait ni la qualité de mon travail ni la qualité de l’offre elle-même. Elle n’a juste pas “rencontré son public” comme on dit dans le spectacle vivant lorsqu’une jolie pièce a trop peu de spectateurs…

 

Sortir de sa coquille

 

Être son propre patron c’est, comme on vient de le voir, “assumer” et pas uniquement les produits ou les tarifs. C’est être la personne qui est à la racine de l’idée, mais aussi à la mise en place et à l’exécution. En tant qu’auto-entrepreneur, on est au début et en bout de ligne. On est la personne qui négocie avec le client, qui communique, qui réalise la prestation, qui fait la post prod, la compta, l’administratif, le recouvrement… On crée, on supervise et on exécute en permanence.
Je vais le dire le plus simplement possible : c’est fatigant. Cette année je suis sortie en permanence de ma zone de confort, j’ai été force de proposition, les clients m’ont demandé de faire des choix pour eux… J’ai eu peur, j’ai été sans mots et sans opinions dans des moments où je me devais d’en avoir…
Oui, c’est fatigant… Mais c’est merveilleux.

Pour mon type de personnalité, rien n’a plus de valeur que d’être libre de mes choix, de mon temps et de mes projets.

 

Retourner dans sa coquille

 

Un grand avantage de ce métier, c’est qu’après avoir été hors de ma zone de confort, après avoir porté la casquette de celle qui va au devant des clients et qui “doit performer” pour réussir la prestation, je retourne dans ma petite grotte pour retoucher mes photos et je recharge mes batteries… et ça, je dois bien dire que c’est très cool !

Extraits d’une séance famille –  Août 2021 Hyères – Voir les séances famille ici –

Extraits d’une séance famille –  Septembre 2021 – Mende – Voir les séances famille ici –

Syndrome de l’imposteur et comparaison

 

Depuis toujours et en particulier depuis que j’ai fait le choix de l’auto-entreprise dans un domaine créatif, je me bats contre les voix dans ma tête qui me disent que ce n’est pas pour moi, que je n’ai pas de raison de réussir. Après tout… pourquoi réussirai-je ?

Et là vous répondrez “et pourquoi ne réussirais-tu pas ?” et vous auriez raison car rien ne prédit l’un plus que l’autre si ce n’est, probablement, l’énergie que l’on s’octroie à nourrir l’une des deux propositions dans notre tête.
Enfin bref, après le doute de soi, vient le moment de se comparer aux autres photographes et entrepreneurs… comme si ma petite année d’existence pouvait être comparée à leur dixième.
Artiste depuis toujours, j’ai fait la paix avec le fait de comparer mon art avec celui des autres. J’ai fini par comprendre que je pouvais admirer (voire envier) d’autres créateurs sans que cela mette en péril la confiance que j’ai en ce que je produis moi-même. En photo, je suis fière du niveau que j’ai atteint, et s’il y a toujours de la marge de progression et d’évolution (fort heureusement), je suis arrivée à un niveau qui me rend confiante en mon art (en grande partie d’ailleurs grâce aux retours des clients).
Mais cela ne s’applique pas encore aux performances sur les réseaux sociaux ou au nombre de clients bookés.
J’y travaille…

Extraits de mariages –  Septembre 2021 – Région parisienne et Normandie – Voir les reportages mariage ici –

Le meilleur choix de ma vie ?

Photographe portrait artistique

Extrait d’une séance photo grossesse artistique avec Laura –  Mai 2021 – Région parisienne – Voir les photos de grossesse ici –

Photographe portrait artistique

Extrait d’une séance portrait d’artiste avec Seren’Talla tattoo –  Mai 2021 – Paris – Voir les portraits d’artistes ici –

Chiffres

2021 pour moi c’était :
  • 11 mois d’activité (moins 1 mois de “confinement” qui nous empêchait d’exercer)

  • Presque 8700€ de chiffre d’affaire (pas assez pour vivre mais une première petite victoire tout de même)

  • 23 contrats

  • pour 22 clients différents parmi lesquels

  • 5 clients portraits

  • 4 entreprises

  • 2 artistes/créateurs

  • 6 familles

  • 2 couples

  • 2 mariages

  • 1 duo d’amies

  • 2 cartes cadeau

  • 1 grosse collaboration pour un projet perso (Parisian witches)

  • des dizaines de rencontres plus enrichissantes les unes que les autres

  • des milliers de photos et d’heures de retouches

Photographe portrait artistique

Extrait d’une séance photo artistique avec Marion –  Juillet 2021 – Région parisienne – Voir les portraits artistiques ici –

Photographe portrait France

Extrait d’une séance portrait d’artiste avec le peintre Aparicio –  Mai 2021 – Montreuil – Voir les portraits d’artistes ici –

Liberté, passion, créativité

Aujourd’hui, je dois bien avouer que j’ai encore trop peu de recul pour pouvoir dire que devenir photographe est le meilleur choix de ma vie… et pourtant, c’est ce que je ressens À l’instant T. Je me sens épanouie dans toutes les dimensions de ma vie (ou presque), je me sens libre et forte… et surtout, professionnellement, je sens que je suis à ma place. J’ai trouvé ici une activité que je fais naturellement, comme je respire (à peu de choses près XD), et pour laquelle les gens sont prêts à me payer. Je me sens libre de ma vie, de mon quotidien, je n’ai de compte à rendre qu’à moi-même et à mes clients. Je fais les choses selon ma vision. Et surtout… Je suis libre de créer… Mieux, on me demande de créer… et pour moi c’est ça LE rêve ! Je suis consciente de ma chance

Rencontrer le monde


Faire ce métier c’est aussi avoir une relation toute particulière avec chaque client : chaque famille qui me laisse rentrer dans leur maison, chaque personne qui se confie à moi et qui me laisse poser mon regard (que je veux toujours extrêmement bienveillant) sur lui.elle. Ces personnes me donnent un peu de leur vulnérabilité et j’espère leur rendre un peu de joie et de confiance. Elles me laissent pénétrer le hall d’entrée de leur vie afin que je puisse révéler à quel point ils.elles sont dignes d’être célébré.e.s.

Cette confiance-là, c’est le plus beau des cadeaux que j’ai reçu dans ma vie professionnelle.

Pas si seule

Au cœur de cette aventure, je me suis rendue compte à quel point j’étais entourée. J’avais peur que devenir entrepreneure ne me force à me sentir seule à ramer dans ma petite barque, sans vie de bureau, sans mes collègues adorés… mais pour l’instant rien de tout cela. Tant de personnes ont souhaité m’aider et m‘ont encouragé que je ne peux plus les compter.
J’ai aussi rencontré d’autres créateurs, artistes et entrepreneurs. En fin de compte, aucune solitude dans ce monde de création !

Confiance en moi

Finalement j’ai énormément pris confiance, que ce soit dans mon art, dans mes capacités, dans ma façon de me présenter au monde et ce, grâce à tout ce que j’ai appris et aux gens qui m’ont soutenue dans les succès comme les échecs.
Pour 2022, il s’agira de consolider tout ça et de grandir encore plus…

 

Extraits d’un reportage photo – Camp climat Alternatiba –  Août 2021 – Solliès-Toucas – Voir les photos associatives ici –

L'avenir nous le dira

J’avais prévu ici de faire un paragraphe sur ce que j’envisageais si cela ne marchait pas… Or entre-temps j’ai vu une émission qui m’a convaincue du contraire. Elle évoquait des questions que je me pose depuis plusieurs mois à savoir : devrais-je penser à un échec éventuel ? Devrais-je continuer à l’envisager réellement ? Et la personne disait “c’est ok de rêver en grand” ou encore “il faut changer de disque quand on pense que ça peut ne pas aboutir malgré le dur travail que l’on fournit”.
C’est vrai, on sait très bien que ça peut ne pas aboutir. Il ne s’agit pas là d’être irresponsable ou de porter des œillères… non, malgré ma capacité à rêver je sais être réaliste. Mais voilà, si je n’y crois pas, personne ne peut y croire à ma place et je ne pourrai pas faire le job correctement.

Si je ne crois pas que je peux réussir, cela ne m’arrivera pas. Si je me concentre sur le plan B avant que mon plan A n’ait avancé, le plan A échouera parce que je ne m’y serai pas assez investi.



Perspectives et envie pour 2O22

 

Et pour cette année alors ?


J’ai beaucoup d’envies et pas mal d’étapes à franchir. Il y a beaucoup de choses que je dois mettre en place pour m’assurer que j’ai tout fait pour que le plan A réussisse.
J’ai aussi des challenges semi-pro et perso.


1- Dans le domaine professionnel, et en ce qui concerne la photo, j’aimerais améliorer ma communication sur les réseaux sociaux pour atteindre ma cible réelle.
Je parle d’instagram bien-sûr mais aussi de développer Facebook qui m’a apporté pas mal de contrats et pourquoi pas aller sur Pinterest.

J’aimerais vraiment trouver ce que je peux apporter de plus à mon audience dans mon discours.
Je pense même à demander de l’aide à des gens qui maîtrisent mieux ce domaine que moi et qui sauront m’y aider.

 

2- J’aimerais prospecter et multiplier les canaux pour trouver mes futurs clients chéris. Les personnes avec qui ça collera pour que l’on puisse s’apporter mutuellement.

 

3- J’aimerais couvrir au moins 5 mariages et travailler avec au moins 5 nouveaux entrepreneurs/créateurs/artistes. Et développer mon activité de portrait.

 

4- J’aimerais pouvoir vous parler plus longuement, plus honnêtement, de mon expérience, de mon travail, mais aussi de mes réflexions et de mon art. Je suis en train de chercher une plateforme qui puisse me le permettre : blog ? podcast ? youtube ?

 

5- Je souhaite upgrader mon matériel, notamment mes objectifs.

 

6- Je dois avant tout m’organiser pour trouver du temps pour chaque chose et apprendre à surfer sur mes pics d’énergie pour atteindre ces objectifs. Le mois de janvier va donc être en grande partie consacré à prendre des mesures, à analyser mon flow, à repenser mon organisation et à prospecter afin d’être opérationnelle dès la fin du mois !

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Extrait d’une séance photo professionnelle – Azur Wine Tours –  Mai 2021 – Var – Voir les photos d’entreprises ici –

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Extrait d’une séance portrait d’artiste avec Seren’Talla tattoo –  Mai 2021 – Paris – Voir les portraits d’artistes ici –

bonus : Clichés du photographe et vérités expérimentées

 

“Vous ne faites qu’appuyer sur un bouton / c’est beaucoup trop cher pour ce que c’est”

 

Avant même de commencer ce métier, je savais que c’était une phrase que j’entendrai ou lirai… je me tenais prête et, bien que je sache comment argumenter, il est toujours moins facile de se l’entendre dire en vrai et d’oser répondre ce qu’on sait être la vérité. La vérité c’est que tout travail mérite salaire. C’est qu’un entrepreneur a des charges et que pour en vivre il a besoin de proposer des prix en conséquence. C’est aussi que 90% du travail d’un photographe n’est pas visible par le client, qui pense pouvoir faire la même chose avec son téléphone. Au final il ne s’agit réellement que d’une question d’éducation. La plupart des gens comprennent. Il est vrai que la photo est une forme de “luxe”, mais de la même façon que je n’ai pas les moyens de m’acheter une parure chez Van Cleef & Arple, si une personne n’a pas les moyen de s’adresser à moi, j’estime que ce n’est juste pas mon.ma client.e.

 

“Pouvez-vous me donner les “raw” ?”

 

Ici aussi, question d’éducation : si vous allez chez le boulanger, vous ne demandez pas une baguette non cuite, le travail ne serait pas fini. C’est donc normal qu’un photographe ne donne pas ses raw. Son travail n’est pas fini et voir cela partagé sur les réseaux sociaux pourrait ternir la réputation de son travail. Enfin, la retouche, c’est la patte du photographe. En ne l’autorisant pas à aboutir son travail, cela revient à ne pas lui faire confiance et à ne pas lui laisser donner le meilleur de lui.elle-même. En général, il me suffit de l’analogie du boulanger pour que les gens comprennent ma façon de faire. Et encore une fois, si cela ne convient pas, je n’oblige personne à faire appel à moi.

 

“On ne peut pas compter sur une fidélité client”

 

Voilà une vérité qui fait un peu mal… mais qui n’en est pas vraiment une… Certes, les particuliers n’ont pas besoin d’un photographe tous les mois… mais un client satisfait sera bien plus enclin à faire appel à quelqu’un avec qui il.elle a déjà travaillé. Et je suis tellement honoré que cela me soit déjà arrivé en un an de travail ! #petitefierté

 

“Les gens sont d’éternels insatisfaits”

 

Pas pour le moment de mon côté. Si je sais que cela m’arrivera, j’ai eu la chance de n’avoir que des clients exceptionnellement ouverts à ma façon de faire et à mes idées jusque-là… j’ai uniquement eu des clients contents et cela, est, je pense, ma plus grande réussite cette année ! #grandefierté